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Prospective des métiers enseignés dans l'enseignement agricole

Prospective des métiers enseignés dans l'enseignement agricole



Ce rapport présente les réflexions d'un groupe d'une trentaine d'experts qui s'est interrogé sur l'avenir des emplois et métiers auxquels prépare l'enseignement technique agricole, et sur les conséquences en termes de formations et compétences à développer.

Quatre familles de métiers ont particulièrement été ciblés : les métiers de l'agriculture, de la production agricole (y compris forêt et filière bois) et de l'aménagement ; les métiers de l'environnement et du développement durable (« emplois verts », paysage, eau,etc.) ; les  métiers liés à l'alimentation (transformation, agroalimentaire, et demain certainement aussi distribution, commerce, restauration) ; les métiers du secteur social, de l'aide à la personne, du développement local et de l'animation.

Parmi les quatre scénarios contrastés, il est apparu au groupe de travail que les scénarios 2 « Économie verte et territoires » et 4 « La nature anthropisée et imitée » étaient les plus optimistes en termes d'emploi, d'avenir des zones rurales et de développements possibles de l'enseignement agricole.

Extrait 

Dans le scénario 2, « Économie verte et territoires », l'économie française, ayant pris la mesure de la transition écologique et numérique, bénéficie d'un regain de croissance. Grâce à des politiques territoriales dynamiques et au développement d'un tissu dense d'industries petites et moyennes, facilitant l'écologie industrielle et l'économie circulaire, le taux de chômage reste modéré. La sécurisation des parcours individuels va de pair avec l'assouplissement des règles d'accès à l'emploi, facilitant toutes les mobilités. Bien que le niveau moyen de qualification continue de progresser, les emplois restent diversifiés en termes de niveaux, de types et couvrent tous les secteurs d'activité. Les métiers techniques qui allient expertises multiples, sens éthique et appréhension systémique des problématiques, sont valorisés : les biotechnologies, l'éco-design, l'écologie industrielle, la logistique ont le vent en poupe. La protection de l'environnement (écosystèmes et ressources, infrastructures écologiques, etc.) et la certification (qualiticiens, certificateurs, éco-concepteurs) sont également dynamiques. Le climat d'innovation, porté par une R&D active, favorise une culture du changement : accompagnement des transitions, formation, conseil. Les recrutements dans les services à la personne et aux territoires (animation, médiation) sont aussi en hausse sensible. Dans ce contexte positif, les métiers les moins attractifs, pour des raisons de rémunération, de pénibilité ou d'image, ont du mal à trouver des candidats.

Enfin, le scénario 4, « La nature anthropisée et imitée », présente une société où le lien social est mis en avant. Ce projet de société est favorisé par une économie en croissance régulière, un taux de chômage faible. Pôles de compétitivité, fablabs, french biotech valley, etc. : toutes les initiatives sont bonnes pour favoriser l'innovation technologique, particulièrement dans les domaines de la bioéconomie (énergie, alimentation, matériaux renouvelables). L'agriculture et la forêt bénéficient de ce dynamisme. Afin de maintenir l'employabilité, les retours en formation sont réguliers, facilités par la sécurisation des parcours individuels des travailleurs. Le regroupement des unités de production au sein de pôles industriels, sur les principes de l'écologie industrielle, permet la mise en place de formules de mutualisation et de coopération (services, matériels, personnels, etc.). Le travail est de plus en plus nomade. Au sein de collectifs de travail, les compétences techniques sont pointues, les aptitudes relationnelles indispensables. Dans une société de plus en plus connectée, les logiques affinitaires priment, la pression exercée par le consommateur s'accentue au travers de systèmes de notation, qui s'appliquent à tous les domaines. Les conflits d'usage entre groupes sociaux (urbains/ruraux, agriculteurs/touristes, forestiers/protecteurs de l'environnement, etc.) sont fréquents : les métiers de la médiation, du juridique et du conseil sont de plus en plus demandés. Grâce à des politiques incitatives, la demande de services à la personne se développe dans un souci d'accompagner le grand âge et la dépendance. Les difficultés rencontrées pour recruter ayant conduit à une évolution sans précédent de ces métiers, mieux valorisés, plus technicisés, ils s'inscrivent désormais dans une logique de carrière.






Information du document
Date du document
juillet 2017

Type de contenu
Analyse

Sources
Ministère de l'Agriculture